STN Group reprend Française de Services à la barre du Tribunal en plaçant le personnel au cœur du développement

magEn redressement judiciaire depuis le 26 Juin 2014, le spécialiste haut de gamme du nettoyage a été repris par son concurrent STN Group qui double de taille. Ambitieux, le plan de reprise de STN Group sauve les 1100 emplois et place l’entité reprise au cœur de sa stratégie d’expansion. – Magazine des Affaires

Les reprises à la barre peuvent être des opportunités extraordinaires pour les entreprises. STN Group l’a bien compris et a su profiter d’une opportunité rare de doubler de taille tout (pour atteindre 50 M€ de CA) en récupérant une base de clientèle premium dans la propreté et l’hôtellerie de luxe. Mais pour ce faire, le groupe dirigé par Joël et Yves Atlan a dû se montrer convainquant auprès de Tribunal de Commerce de Créteil et les salariés du groupe. Deux concurrents, dont l’un à l’assise financière bien plus importante étaient en effet en compétition (Derichebourg et Gomes & Jouanny) et auraient dû logiquement l’emporter. Pour réussir dans son entreprise, STN Group a placé les salariés de l’entité reprise au cœur de sa stratégie de développement. «L’offre de STN était la mieux-disante socialement et l’apport en fond de roulement était légèrement inférieure. Ce qui a fait vraiment la différence, c’est l’ambition du groupe pour cette nouvelle entité. Le business plan prévoit un retour à l’équilibre dès 2015 et un résultat net de 612 K€ à horizon trois ans. Surtout il place les salariés de l’entité au cœur du développement », commente l’avocate des salariés, Karine Cohen associée d’Advocacy 4. Au final, STN a mis 1,12 M€ sur la table pour relancer l’entreprise et apurer le passif. Au total, le groupe passe ainsi de 2000 salariés à 3100 salariés. Il dégagera un chiffre d’affaires à 50 Millions d’euros dès 2015.

Une stratégie d’apaisement pour rendre possible le retournement

Bien souvent dans les dossiers de restructuration, les intérêts des différentes parties divergent et créent de fortes tensions. Conseillés par les syndicats, les salariés sont tentés d’utiliser un des rares leviers pour se faire entendre : la grève. Ce qui a pour effet de fragiliser encore l’entreprise, et parfois même de la mener au tapis. Aussi, le choix des conseils pour « pacifier » peut s’avérer vital. A en croire les organes de la procédure, ce dossier en est une des plus belles illustrations. Mal parti, le dossier n’a pu sortir par le haut que par la bonne volonté de tous et la capacité de l’avocate des salariés à apaiser ce dossier. « En obtenant la paix sociale, nous avons permis de sécuriser l’activité et les actifs et avons placé les salariés en atout central de l’entreprise. Restaurer une convergence d’intérêts entre les parties prenantes par le dialogue permet de dégager les meilleures solutions possibles en faveur du retournement des entreprises en difficultés », assure Karine Cohen. Un exemple à suivre… O.B.

Les acteurs clefs de l’opération :

Pdt du Tribunal de Commerce de Créteil : Daniel Dray ; Administrateur judiciaire : Gilles Baronnie ; Mandataire Judiciaire : Gilles Pellegrini, Conseils juridiques du comité d’entreprise de la société : Advocacy4 (Karine Cohen) ; acquéreur : Dorléac Azoulay & Associés (Michel Azoulay)

Source : http://www.magazinedesaffaires.com